Ce qui quitte la machine, ce qu'on archive, ce qu'on ne partage jamais
Une requête envoie sur le réseau le texte du prompt et les réponses du modèle, chiffrés en transit, et la copie locale de cet échange reste ensuite lisible en clair sur le disque pendant une durée fixée par défaut ; supprimer un fichier ne laisse aucun chemin de retour alors qu'archiver le garde disponible et réversible ; et un document interne riche en détails devient dangereux dès qu'il part vers l'extérieur, pour la raison même qui le rend utile en interne, ce qui exige un inventaire brut puis une relecture adversariale avant tout envoi.
Une conversation avec Claude Code envoie sur le réseau le texte de la requête et les réponses du modèle, chiffrés en transit par TLS 1.2 ou une version supérieure, selon la documentation officielle du produit. Ce qui reste ensuite sur la machine locale n'est pas effacé pour autant : les transcripts de session sont conservés en clair sur le disque, dans le dossier des projets de l'utilisateur, pendant trente jours par défaut, pour permettre de reprendre une session interrompue. Une exception documentée écarte cette limite : une session démarrée ou reprise en dernier dans Claude Desktop ou Cowork échappe par défaut à ce délai de trente jours, son transcript reste donc en clair sur le disque sans effacement automatique programmé.
Ce qu'une requête envoie réellement
Deux faits se complètent. Le premier : chaque prompt et chaque réponse du modèle quittent la machine au moment où une requête part. Le second, moins visible : la copie locale de cet échange ne disparaît pas à la fin de la conversation, elle reste lisible en clair pendant une période fixée par défaut. Un secret collé une seule fois dans une conversation existe donc à deux endroits au moins après coup, sur le réseau au moment de l'envoi et sur le disque local pendant des semaines, ce qui rejoint la règle de ne jamais faire transiter un identifiant sensible par une conversation, développée dans la leçon sur les secrets qui ne doivent jamais transiter.
Archiver plutôt que supprimer
Une suppression définitive de fichier retire l'information sans laisser de chemin de retour. Un déplacement vers un dossier d'archive garde la même information disponible tout en la sortant du chemin de travail courant, et reste annulable à tout moment. La différence tient à une seule commande.
mkdir brouillon_a_ranger
echo note périmée > brouillon_a_ranger\vieux.txt
mkdir _ARCHIVES
move brouillon_a_ranger\vieux.txt _ARCHIVES\vieux_2026-09-02.txt
dir _ARCHIVES
Le dossier _ARCHIVES contient désormais le fichier, encore lisible, encore récupérable, sous un nom daté qui évite d'écraser sans avertir un fichier homonyme déjà présent dans ce dossier. La même suite d'étapes avec une suppression à la place du déplacement rendrait ce fichier définitivement perdu dès la première commande.
Une base interne se filtre avant de sortir
Un document interne écrit sans filtre l'est justement parce qu'il sert en interne : il nomme des montants d'achat, des marges, des chemins de serveur, des personnes. Cette même richesse devient un risque dès que le document part vers un outil tiers de mise en forme ou vers une personne extérieure. Deux passes séparées corrigent ce risque. La première est un inventaire brut : relever chaque donnée sensible présente dans le document, sans encore juger si elle doit rester. La seconde est une relecture adversariale : se demander, ligne par ligne, ce qu'un lecteur hostile en tirerait, une fuite commerciale, une donnée qui incrimine son auteur, une affirmation fragile qu'il pourrait retourner contre l'organisation. Une lecture unique, faite en cherchant seulement les fautes de forme, ne remplace pas cette seconde passe.
Les trois réflexes partagent la même logique : savoir ce qui part, garder ce qui peut encore servir, et filtrer ce qui reste interne pour une bonne raison avant de le faire sortir.
Trois périmètres, ce qui reste et la réaction correcte
| Périmètre | Ce qui quitte ou reste | État une fois parti | Réaction correcte |
|---|---|---|---|
| Une requête envoyée à Claude | Le texte du prompt et les réponses du modèle partent sur le réseau, chiffrés en transit | Une copie reste en clair sur le disque local pendant une durée fixée par défaut | Ne collez jamais un secret ou une donnée sensible dans le texte d'une requête |
| Suppression définitive d'un fichier | Le fichier disparaît du système dès l'exécution de la commande | Rien ne subsiste, l'opération ne laisse aucun chemin de retour | Déplacez le fichier vers une archive plutôt que de le supprimer |
| Document interne partagé à l'extérieur | Montants, chemins de serveur et noms partent avec le document s'il n'est pas filtré | Le contenu devient consultable par un tiers qui n'a plus à le demander | Faites un inventaire brut puis une relecture adversariale avant tout envoi |
Une trésorière associative termine une synthèse financière destinée à un partenaire externe. Avant de l'envoyer, elle relit le document une fois pour corriger l'orthographe et la mise en forme.
Écrivez en une phrase ce que cette situation établit, et en une phrase ce qu'elle n'établit pas.
Ce que cela établit : Ce que décrit la situation établit qu'une relecture de forme, orthographe et mise en forme, a bien eu lieu avant l'envoi.
Ce que cela n’établit pas : Elle n'établit pas qu'une relecture adversariale, cherchant les données sensibles ou les affirmations fragiles qu'un lecteur extérieur pourrait exploiter, a eu lieu.
Les trois calibrages faux les plus courants
- Trop large Une seule relecture, quelle qu'elle soit, suffit toujours à rendre un document interne prêt pour un envoi externe.
- Trop étroit Ce résultat ne prouve rien puisque la trésorière n'a pas encore envoyé le document au moment où la situation s'arrête.
- À côté Cette relecture signifie que le document a déjà été copié dans le dossier d'archives de l'association avant l'envoi.
- Le texte d'une requête et les réponses du modèle quittent la machine dès l'envoi, chiffrés en transit.
- Un transcript de session reste stocké en clair sur le disque local pendant une durée fixée par défaut, bien après la fin de la conversation, sauf pour une session Claude Desktop ou Cowork, exemptée par défaut de cette limite.
- Un déplacement vers une archive garde l'information disponible et reste annulable, une suppression définitive ne l'est pas.
- Un document interne riche en détails est dangereux à partager tel quel, pour la raison même qui le rend utile en interne.
- L'inventaire brut relève les données sensibles, la relecture adversariale juge ce qu'un lecteur hostile en ferait : ce sont deux passes distinctes.
Avant votre prochain envoi d'un document interne vers l'extérieur, faites deux passes distinctes sur votre poste : notez d'abord chaque donnée sensible qu'il contient, puis relisez une seconde fois en cherchant ce qu'un lecteur hostile en tirerait, et n'envoyez le document qu'après cette seconde passe.
Ces points dépendent d’une interface ou d’une règle qui peut avoir changé depuis la rédaction. Vérifiez-les sur votre propre écran avant de vous y fier.
- Vérifiez sur votre propre poste, dans les réglages de rétention de Claude Code, la durée actuelle de conservation locale des transcripts de session : le délai par défaut peut avoir changé depuis la date de cette leçon.
Chaque affirmation datable de cette leçon renvoie ici au texte public qui la porte. Une source qui ne s’ouvre pas ne prouve rien.
- Usage des données, documentation officielle Claude Code, code.claude.com consultée le 2026-09-02