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Composer un system prompt entre plusieurs fournisseurs
Quand un prompt doit fonctionner sur plusieurs fournisseurs, on relève la règle la plus forte de chacun, on les fusionne sans contradiction, et les règles écrites par le propriétaire du prompt priment en général sur les valeurs par défaut d'un fournisseur, sauf quand elles entreraient en conflit avec les limites de sécurité que ce fournisseur pose lui-même.
Un prompt destiné à tourner sur Claude et sur un autre fournisseur ne se copie jamais tel quel de l'un à l'autre. Chaque fournisseur écrit un system prompt par défaut différent, avec ses propres priorités et ses propres réflexes de sécurité, et une règle reprise mot pour mot d'un fournisseur peut entrer en conflit avec ce que l'autre a déjà intégré. La méthode qui marche consiste à relever la règle la plus forte de chaque source, à la réécrire pour le contexte réel de la tâche, puis à vérifier que rien ne se contredit avant d'adopter le résultat.
Composer sans copier
La leçon sur la composition d'un system prompt à partir de plusieurs sources pose déjà la règle de base : une règle importée se réécrit pour son propre contexte, elle ne se colle jamais telle quelle. Entre deux fournisseurs, cette règle compte double, parce qu'un system prompt par défaut porte aussi le style et les réflexes propres à son fournisseur d'origine, pas seulement une instruction neutre. Un rôle placé en tête du prompt aide à cette fusion, y compris chez Claude : même une seule phrase de rôle change déjà le ton et le comportement obtenus, selon la documentation officielle sur l'écriture de prompt.
Qui tranche en cas de conflit
Reste la question de l'arbitrage : quand deux règles fusionnées se contredisent, laquelle gagne. La constitution publique d'Anthropic décrit un ordre de priorité entre les personnes qui donnent des instructions à Claude, et les règles écrites par le propriétaire du prompt y comptent en général plus que les réglages par défaut du fournisseur. Le même texte précise toutefois que cet ordre n'est pas une hiérarchie stricte : une règle du propriétaire qui redéfinit le ton, le format ou le vocabulaire a le droit de gagner, mais une règle qui demanderait à un fournisseur d'ignorer ses propres limites de sécurité n'a pas ce droit, peu importe le fournisseur visé.
Tester avant d'adopter
Un prompt fusionné se teste sur une tâche réelle avant d'être adopté, exactement comme un prompt simple. Un exemple court fixe la méthode.
Tu es informaticien senior au service d'une coopérative.
Règle du fournisseur A, gardée : donne le pourquoi avant l'instruction.
Règle du fournisseur B, gardée : cite tes sources en ligne, jamais en fin de réponse.
Règle du propriétaire, posée en dernier : jamais de jargon technique non défini.
Ce prompt court garde une règle de chaque fournisseur, reformulée dans un même style, et pose la règle du propriétaire en dernier, ce qui la rend visuellement prioritaire. Le test consiste à le faire tourner une fois sur une tâche réelle du poste, puis à comparer la réponse obtenue aux deux prompts d'origine avant de le considérer fini.
Fusionner deux system prompts sans copier
Une personne rédige un system prompt pour Claude en copiant mot pour mot une règle trouvée dans la documentation publique d'un autre fournisseur. Elle colle cette règle juste après une règle qu'elle a écrite elle-même pour son propre service, puis elle lance une tâche réelle avec ce prompt et lit la réponse obtenue.
Écrivez en une phrase ce que cette situation établit, et en une phrase ce qu'elle n'établit pas.
Ce que cela établit : La situation établit que la règle copiée depuis un autre fournisseur a été placée dans le prompt et qu'une réponse a bien été produite par Claude à partir de ce prompt complet.
Ce que cela n’établit pas : Elle n'établit pas si la règle copiée entre en conflit avec la règle écrite pour le service, ni si la réponse obtenue correspond à ce que la personne attendait.
Les trois calibrages faux les plus courants
- Trop large Cette situation montre que copier une règle mot pour mot depuis n'importe quel fournisseur donne toujours un prompt utilisable.
- Trop étroit Cette situation ne montre rien d'exploitable, puisqu'elle décrit un seul prompt testé une seule fois.
- À côté Cette situation montre que la documentation publique du second fournisseur est plus complète que celle de Claude.
- Une règle empruntée à un autre fournisseur se reformule dans le vocabulaire du service qui va s'en servir plutôt que d'être collée telle quelle.
- Un system prompt par défaut porte aussi le style et les réflexes de sécurité propres à son fournisseur d'origine, pas seulement une instruction neutre à copier.
- La constitution publique d'Anthropic place les règles du propriétaire du prompt au dessus des réglages par défaut du fournisseur en général, sans en faire une hiérarchie stricte et automatique.
- Une règle qui demanderait à un fournisseur d'ignorer ses propres limites de sécurité ne gagne pas, même posée comme règle du propriétaire.
- Un prompt fusionné se teste sur une tâche réelle avant d'être adopté, de la même façon qu'un prompt simple se teste avant d'être gardé.
Prenez un system prompt que vous utilisez sur Claude, ajoutez-lui une règle reformulée à partir de la documentation publique d'un autre fournisseur, posez vos propres règles en dernier, puis testez ce prompt fusionné sur une tâche réelle avant de l'adopter.
Chaque affirmation datable de cette leçon renvoie ici au texte public qui la porte. Une source qui ne s’ouvre pas ne prouve rien.