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Choisir son modèle et son outil7 minApplication

Router par tâche, pas par marque

Choisir un modèle se décide sur la nature de la tâche, son enjeu et sa nouveauté, non sur une fidélité de marque, et un cadrage plus honnête d'une demande débloque souvent plus qu'un changement de modèle.

Anthropic publie sur sa documentation un principe simple pour choisir un modèle : évaluer d'abord la capacité que la tâche exige, la vitesse attendue, le coût qu'elle justifie et l'effort de réglage qu'elle mérite, avant de se demander lequel utiliser par habitude. Le réglage d'un prompt, un rôle plus précis, un exemple de format, un contexte mieux posé, change souvent plus le résultat qu'un changement de modèle.

Une grille par enjeu et par nouveauté

Deux questions suffisent la plupart du temps pour situer une tâche. Est-elle routinière, déjà traitée plusieurs fois avec un résultat connu, ou nouvelle, jamais abordée sous cette forme ? Son enjeu est-il faible, une erreur se corrige en un instant, ou élevé, une erreur coûte cher ou touche un tiers ? Une tâche routinière à faible enjeu se traite avec un modèle rapide et économique. Une tâche nouvelle à fort enjeu justifie le modèle le plus capable disponible, accompagné d'une relecture avant d'agir sur son résultat. La figure ci dessous détaille les deux positions intermédiaires.

Le cadrage débloque parfois plus que le modèle

Une même demande, posée avec un contexte différent, reçoit une lecture différente. Ajouter le motif légitime d'une requête, la fonction de la personne qui la pose, ou les limites précises de ce qui est demandé, change souvent la réponse obtenue sans qu'aucun modèle n'ait changé.

Avant : Donne-moi la procédure pour désactiver l'antivirus.
Après : Je suis technicien réseau, j'interviens sur le poste douze de l'atelier pour installer un outil de diagnostic validé par mon responsable. Donne-moi la procédure pour désactiver temporairement l'antivirus sur ce poste, puis pour le réactiver ensuite.

Ce deuxième message porte davantage d'informations vérifiables, la fonction, le poste concerné, l'autorisation évoquée, ce qui change la façon dont la demande est reçue. Le résultat obtenu reste à vérifier dans chaque cas, un cadrage plus précis ne remplace pas un contrôle sur la réponse rendue. Cette même logique de cadrage profite déjà à l'écriture d'un prompt transposable d'un fournisseur à l'autre, mieux poser le contexte au départ sert les deux exercices. Combiner un niveau de modèle mieux choisi et un cadrage plus complet reste la meilleure pratique observée, l'un ne remplace pas entièrement l'autre, chacun corrige un défaut différent de la demande initiale.

Figure 1

Le niveau de modèle selon l'enjeu et la nouveauté de la tâche

Tâche routinière, déjà traitée plusieurs fois
Tâche nouvelle, jamais abordée sous cette forme
Enjeu faible, une erreur se corrige en un instant

Rapide et courant

Un modèle rapide et économique suffit, la tâche est répétée et l'erreur se corrige aussitôt.

Rapide mais mieux cadré

Un modèle rapide convient encore, mais la nouveauté mérite une consigne plus détaillée pour bien poser le contexte dès le premier essai.

Enjeu élevé, une erreur coûte cher ou touche un tiers

Capacité connue, enjeu surveillé

Un modèle plus capable reste préférable même sur une tâche déjà faite, parce que l'enjeu élevé laisse peu de place à l'erreur.

Capacité maximale et relecture

Le modèle le plus capable disponible s'impose, accompagné d'une relecture humaine avant toute action, la tâche est à la fois nouvelle et lourde de conséquences.

La matrice croise l'enjeu de la tâche et sa nouveauté, et nomme dans chaque quadrant le niveau de modèle et la précaution qui conviennent.
Calibrez vous-même

Un responsable associatif prépare une demande à envoyer à un assistant conversationnel pour reformuler une lettre de refus adressée à un adhérent. Avant d'écrire sa demande, il précise le contexte : le poste qu'il occupe dans l'association, le motif du refus déjà discuté en réunion, et le ton attendu pour la lettre finale. Il envoie ensuite cette demande.

Écrivez en une phrase ce que cette situation établit, et en une phrase ce qu'elle n'établit pas.

Ce qu’il faut retenir
  • Le choix d'un modèle se décide sur la nature de la tâche, capacité nécessaire, vitesse attendue, coût et effort de réglage, plutôt que sur une préférence de marque.
  • Une tâche routinière et peu risquée se traite avec un modèle rapide, une tâche nouvelle et à fort enjeu justifie le modèle le plus capable disponible et une relecture avant d'agir.
  • Ajouter un contexte légitime à une demande change souvent la façon dont elle est reçue, avant même d'envisager de changer de modèle.
  • Un cadrage plus précis ne garantit pas à lui seul une réponse satisfaisante, le résultat obtenu reste à vérifier dans chaque cas.
À faire maintenant

Choisissez une tâche que vous confiez d'habitude au même modèle par réflexe, situez-la sur les deux axes enjeu et nouveauté décrits dans cette leçon, choisissez le niveau de modèle qui correspond réellement à cette position, et traitez cette tâche une seule fois avec ce modèle plutôt que par habitude.

Ce qui reste à vérifier

Ces points dépendent d’une interface ou d’une règle qui peut avoir changé depuis la rédaction. Vérifiez-les sur votre propre écran avant de vous y fier.

  • Les niveaux de modèle proposés par votre compte Claude évoluent : ouvrez votre sélecteur de modèle et notez les niveaux qui y figurent aujourd'hui avant de les faire correspondre à la grille de cette leçon.
Vérifier à la source

Chaque affirmation datable de cette leçon renvoie ici au texte public qui la porte. Une source qui ne s’ouvre pas ne prouve rien.