Accueil / Écrire une demande qui marche
Montrer la cible plutôt que l'interdire
Trois à cinq exemples entrée vers sortie ancrent un format ou un ton mieux qu'une longue liste de règles, et une instruction positive donne une cible claire là où une instruction uniquement négative laisse Claude deviner par quoi la remplacer.
Une consigne qui dit seulement ce qu'il ne faut pas faire ne dit jamais ce qu'il faut faire à la place. Claude doit alors choisir une forme parmi tout ce qui reste possible une fois l'interdiction retirée, et ce choix échoue plus souvent qu'une cible nommée directement.
Ce qu'une interdiction seule ne donne pas
Prenez une consigne fréquente, ne pas utiliser de markdown dans la réponse. Elle exclut les listes à puces et les titres, mais elle ne dit rien du style qui doit les remplacer, une réponse en une phrase, en un paragraphe court, en plusieurs paragraphes qui s'enchaînent. La documentation d'Anthropic sur les bonnes pratiques de rédaction d'une demande recommande de dire à Claude ce qu'il doit faire plutôt que ce qu'il ne doit pas faire, avec cet exemple précis :
Interdiction seule :
Ne pas utiliser de mise en forme dans la réponse.
Instruction positive :
Votre réponse doit être composée de paragraphes en prose
qui s'enchainent naturellement.
La seconde version nomme directement la forme attendue. Claude n'a plus à déduire une règle à partir de ce qui est refusé.
Montrer trois à cinq exemples entrée vers sortie
Une consigne positive gagne encore en précision quand elle s'accompagne d'exemples concrets. La documentation recommande d'inclure de trois à cinq exemples entrée vers sortie pour les tâches où le format ou le ton comptent, et elle suggère aussi de demander à Claude d'évaluer la pertinence et la diversité de ces exemples avant de les figer, ou d'en générer d'autres à partir du premier jeu. Un exemple entrée vers sortie montre deux choses à la fois, le message reçu et la réponse attendue en face :
Entree : Le colis est arrive casse, je veux un remboursement.
Sortie : Nous sommes desoles pour ce colis abime. Un
remboursement est lance des aujourd'hui, vous recevrez la
confirmation par courriel sous 48 heures.
Avec deux ou trois couples de ce type, montrant des messages différents traités dans le même registre, Claude n'a plus besoin d'une règle abstraite sur le ton à tenir : il la lit directement dans les exemples.
Le même réflexe pour un cas limite
Le principe s'applique aussi quand une réponse doit rester dans un cadre précis, refuser poliment une question hors sujet par exemple. Une longue liste de sujets interdits ne couvrira jamais tous les cas, alors qu'un exemple qui montre l'entrée hors sujet et la sortie qui la décline fixe la limite plus sûrement. La leçon sur la séparation des données et des instructions montre comment isoler ces exemples du reste de la consigne, pour que Claude ne les confonde pas avec une donnée à traiter.
Une liste d'interdictions contre deux exemples qui montrent la cible
Ne pas utiliser de markdown, ne pas être trop long, ne pas commencer par une formule de politesse : des règles négatives qui ne disent jamais à quoi doit ressembler la réponse.
Un message client reçu et la réponse attendue en face, puis un second couple différent : Claude voit directement le format et le ton visés, sans avoir à déduire une règle absente.
Une chargée de communication ajoute à sa demande trois paires exemple entrée et exemple sortie qui montrent le ton attendu pour répondre à un client mécontent. Elle soumet ensuite un nouveau message client, différent des trois exemples, et Claude répond dans le même registre que celui des exemples fournis.
Écrivez en une phrase ce que cette situation établit, et en une phrase ce qu'elle n'établit pas.
Ce que cela établit : Elle établit que les trois exemples fournis ont orienté le registre de la réponse sur ce nouveau message, différent des exemples eux mêmes.
Ce que cela n’établit pas : Elle n'établit pas que ce registre se maintiendra sur un message dont le sujet ou la longueur s'écarte fortement des trois exemples fournis.
Les trois calibrages faux les plus courants
- Trop large Cette situation montre que trois exemples suffisent à fixer définitivement le ton de Claude pour tous les messages à venir, quel que soit leur sujet.
- Trop étroit Cette situation ne montre rien de plus qu'une coïncidence entre le registre des exemples et celui de la réponse obtenue.
- À côté Cette situation montre que le client mécontent a été satisfait par la réponse envoyée.
- Une consigne qui dit seulement ce qu'il ne faut pas faire laisse Claude deviner la forme attendue, alors qu'une consigne positive la nomme directement.
- La documentation recommande d'inclure de trois à cinq exemples entrée vers sortie pour ancrer un format ou un ton précis.
- Chaque exemple montre à la fois l'entrée reçue et la sortie attendue, dans le même format que celui demandé à Claude en production.
- Demander à Claude d'évaluer la pertinence et la diversité de ses propres exemples avant de les figer évite une série trop répétitive.
- Un exemple qui montre l'entrée hors sujet et la sortie qui la décline fixe une limite plus sûrement qu'une longue liste d'interdictions.
Reprenez une consigne que vous utilisez et qui commence par ne faites pas ou évitez de. Réécrivez la en décrivant le comportement attendu, puis ajoutez un exemple entrée vers sortie qui montre ce résultat. Envoyez les deux versions à Claude sur la même demande et comparez les deux réponses obtenues.
Chaque affirmation datable de cette leçon renvoie ici au texte public qui la porte. Une source qui ne s’ouvre pas ne prouve rien.