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Rouvrir chaque source avant de la croire
Un agent de recherche rapporte ce qu'un index montre, pas ce qu'une page en direct contient aujourd'hui, et présente un lien mort avec la même assurance qu'un lien vivant : toute source destinée à soutenir une conclusion se rouvre avant d'être citée.
Un agent de recherche répond avec le même ton d'assurance quel que soit l'état réel de ce qu'il rapporte. Il présente un lien mort et un lien vivant de façon identique, parce que de son point de vue les deux ne sont qu'une correspondance trouvée dans un index, jamais une page réellement rouverte et lue.
Ce qu'un constat brut ne prouve pas
Un balayage de recherche d'identité mené par onze agents en parallèle a renvoyé 103 constats, chacun accompagné d'une adresse présentée comme preuve. Rouvrir une par une les 94 qui portaient une adresse a changé le tableau : 33 étaient mortes ou redirigées, et 9 pointaient vers un homonyme du sujet réel plutôt que vers le sujet lui même. Près de la moitié du lot était inutilisable, alors que chaque élément avait été présenté avec le même ton d'assurance que ceux qui tenaient debout. La figure qui suit ce paragraphe chiffre précisément cet écart : le compte brut, le compte des adresses mortes ou redirigées, et le compte de celles qui visaient un homonyme, sur ce même balayage.
Le même risque existe pour une citation verbatim, présentée entre guillemets comme preuve qu'un agent a vraiment lu la source. Une citation qui a l'apparence du travail déjà fait est plus dangereuse qu'une simple adresse nue, précisément parce qu'elle inspire davantage confiance. Deux signaux la trahissent souvent : une citation rédigée dans une langue différente de celle de la page qu'elle prétend citer, et deux citations attribuées à des sources qui paraissent interchangeables. Le même mandat de réfutation s'applique à ce cas : confier la citation à un agent différent, chargé de retrouver le passage exact dans la page réellement rouverte, jamais de confirmer qu'il sonne juste, exactement le principe que détaille un vert ne prouve rien tant qu'il n'a pas été prouvé lui même.
Rouvrir en mandat de réfutation, pas de confirmation
Le correctif est une passe séparée, confiée à un agent différent de celui qui a trouvé la source à l'origine. Sa mission n'est pas de confirmer le constat mais d'essayer de le réfuter : la page répond-elle vraiment, le contenu correspond-il à ce qui était affirmé, s'agit-il réellement du bon sujet plutôt que d'un homonyme. Une requête suffit déjà pour trancher une bonne partie du lot :
$ curl -s -o /dev/null -w "%{http_code}" https://example.com
200
$ curl -s -o /dev/null -w "%{http_code}" https://example.com/page-inexistante-000
404
$ curl -s -o /dev/null -w "%{http_code}" http://ce-domaine-n-existe-pas-du-tout-12345.test
000
Trois adresses interrogées, un seul code 200. Le code 404 signale une page qui répond mais n'existe plus à cette adresse, le code 000 signale un domaine qui n'a même pas répondu : deux façons différentes d'échouer, et déjà deux de ces trois adresses écartées sans avoir lu une seule ligne de contenu. Sur une recherche d'identité ou d'attribution en particulier, le critère de désambiguïsation, un employeur précis, une date précise, un lieu précis, se formule à voix haute avant de commencer, et l'absence de ce critère fait retomber le verdict sur indéterminé, jamais sur confirmé par défaut.
Rapporter un compte brut sans le compte survivant revient à ne rien rapporter du tout. Un écart nul entre les deux, sur un lot de plusieurs dizaines de constats, n'est pas la preuve d'un balayage parfait. C'est le signe que la réouverture n'a pas vraiment été tentée.
Un balayage réel, rouvert adresse par adresse
Rouvrir en mandat de réfutation
Un agent de recherche interroge un index et en extrait une liste d'adresses, chacune accompagnée d'un court extrait jugé pertinent. Il présente cette liste comme la preuve de sa recherche, entièrement construite à partir du contenu renvoyé par cet index.
Écrivez en une phrase ce que ce résultat établit, et en une phrase ce qu'il n'établit pas.
Ce que cela établit : Cette liste établit qu'un index contient une correspondance pour chacune des adresses citées.
Ce que cela n’établit pas : Elle n'établit pas que ces adresses répondent encore aujourd'hui, ni qu'elles pointent vers le bon sujet plutôt que vers un homonyme, puisqu'aucune n'a été rouverte.
Les trois calibrages faux les plus courants
- Trop large Cette liste établit que chaque adresse citée mène bien vers une page active qui confirme la correspondance.
- Trop étroit Cette liste n'établit rien du tout, un index ne pouvant jamais contenir d'information utile.
- À côté Cette liste montre que l'agent a consacré plus de temps à cette recherche qu'à la précédente.
- Un agent de recherche traite un lien mort et un lien vivant avec exactement la même assurance, puisqu'il ne rapporte qu'une correspondance d'index, jamais une lecture réelle de la page.
- Sur un balayage réel, la réouverture d'un lot d'adresses a fait tomber près de la moitié du lot, mortes, redirigées ou pointant vers un homonyme du sujet réel.
- Une citation verbatim entre guillemets inspire plus confiance qu'une adresse nue, ce qui la rend plus dangereuse quand elle est fabriquée plutôt que réellement lue.
- Une source destinée à soutenir une conclusion se confie, pour sa réouverture, à un agent différent de celui qui l'a trouvée, avec mandat explicite de la réfuter.
- Un compte brut identique au compte survivant, sur un lot de taille réelle, signale une réouverture qui n'a pas vraiment eu lieu plutôt qu'un balayage sans défaut.
Reprenez trois sources qu'un agent vient de vous citer, rouvrez les vous même ou confiez les à un agent différent chargé de les réfuter, et notez combien survivent réellement à la réouverture.